Nouvelles de mon Monde

16 mai 2011

l'Erreur Diplomatique

Un soir que je me promenais
J'aperçus Demi-Lune, observant la ville
D'un oeil de vague à l'âme.
Je la salue
Et passe mon chemin
Le coeur léger.
Content d'avoir accompli mon devoir,
Je m'en allais ribler
Du côté de sombre débits de mauvais alcool
Et de viande grasse
Où hutins et bagasses se cotoient
Jusqu'au petit matin. 

Quand tout à coup 
Les étoiles
Me chapitrèrent et me daubèrent
A qui mieux mieux.

"Quel est donc mon crime saintes Lumières ?"
M'égosillais-je aussitôt,
Prêt à implorer céan leur pardon
Et à genoux s'il vous plaît.

"Alors jeune homme,
On salut une Reine
Et on lui montre son cul ?
Tu passe ton chemin
Et lui tourne le dos !
Quelle éducation !
Prie Séléné
Que la clémence l'emporte sur son courroux !"

Le con !
Depuis quand
Dans le monde des hommes
On fait des fautes diplomatiques
De cet acabit-là ?! 

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16 mars 2011

Retrouvailles

Elle était de nouveau là. Elle n'a pas pris une ride. Ô fille de la Lune aux cheveux de nâcre, frêle silhouette de ballerine à la peau de caramel. Je la suis hypnotiquement au centre du cercle de monolithes dans cette plaine balayée par le vent et cachée par les nuages.

Accompagnant le sifflement régulier de Quetzalcòatl, un être agile joue de la flûte de Pan en sautant de menhir en menhir. Il ou elle porte un masque de céramique peint et des bracelets tintinabulent à ses poignets et à ses mollets. Sa crinière percée de plumes décoratives et de petits os vole en rythme avec la mélodie que donne envie de danser et de chanter. Mais je m'avance, solennel, au centre du Cromlech oublié. Elle se met decôté, ne dit mot et me regarde nen soàuriant doucement. Au dessus de nous tourne un corbeau  aux bois de cerf ou d'élan. Je ne le regarde jamais directement. Mais même en ne l'appercevant que de coin je me rend compte que son visage flotte devant sa tête et est en fait un masque humain de bois brut. Les esprits invisibles tournents tournent et murmurent entre les rocs de mémoire et je m'agenouille en leur centre, à même l'herbe humide qui se ploie sans un bruit.

 

Tout disparaît.

 

Que sera-ce cette fois-ci ô fille de la Lune ? La chute d'Atlantide ? L'avènement des Brumes ? Un trafic de drogues à Azanul ?

Je suis toujours prêt à voyager et très heureux de te retrouver, Cromlech.

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03 janvier 2011

Etude en "r" ou Perle de rosée

 

Perle de rosée roulant sur les vertes nervures de tranquiles rievrains chlorophiliens, redoutant le rigoureux hiver que rosée blanchira d'une frêle étreinte.

Mais grêle, la cruelle, frappera les fragiles rosaces, inspiratrices des artisants de Bruges et Kortrijk, étrangement renées par la frénétique course de Chronos. Et elles se disperseront en myriades de morceaux gris, morts, qui nourriront le renouveau futur qui déjà frémit au coeur d'une terre encore terne et grelotante.

 

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25 novembre 2010

Train train quotidien

 

Ennui

Rêve

Bonheur

Tristesse

Mélancolie

Ennui

 

Rideau

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12 septembre 2009

Développement : épilogue

Alors l'énorme boule embrasée du Soleil qui, tout la journée durant, s'est évertuée à assécher toute chose vivante qui se rebellerait contre la tyrannie apocalyptique du désert et à rendre brûlante toute chose utilisable ou non, prend ses clics et ses clacs, et se casse, tout d'un coup, alors qu'elle s'est traînée toute la journée.

Et la Lune, la Glaciale, prend sa place, et en bon monocle des étoiles, se jette dans la nuit de goudron bouillant et gluant, et la refroidit jusqu'à ce que les pointes du gel pénètrent les couvertures et les chairs pour atteindre les os.

Le décors n'est plus le même, tout semble recouvert d'une neige implacable et légère que sont les rayons de la Lune, et la surface de Pluton tout comme son Dieu seraient jaloux de la désolation qui règne à présent.
Le spectateur tremble, grelote et claque des dents avec les protagonistes qui ne parlent toujours pas.

Alors la Lune, la Cruelle, prend pitié des survivants et revêt sa cape sanguine. Elle devient Soleil des Loups et envoie ses enfants en meute, affamés, dans le désert qui voit son manteau impalpable immaculé tâché du sang glacé des survivants qui est bientôt effacé, comme si la Lune pouvait avoir un quelconque remord, par l'éclipse sanguinolente.

Rideau

Les spectateurs sortent, écœurés, plein de questions, amusés, sûrs d'avoir tout compris ?

 

A Pierre, qui m'a demandé ce que j'aurais fait comme morale si j'écrivais une histoire.

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09 septembre 2009

Prélude : décors

Une cité.

Une cité millénaire, grandiose aux géants de bitume, de verre et de métal luisant.
Des géants invincibles, des gardiens de la prospérité, des emblèmes de la paix d'un État éternel, foisonnant de richesses. Des géants appartenant à un foyer culturel de rencontres où se côtoient commerçants, politiciens, artistes, travailleurs, tant de fourmis qui construisent ce qui demeurent. Seule ombre au tableau que ces géants n'ont pas pu éviter, car ils les ont engendrés : des gueux dans les bas-fonds, qui refusent la prospérité, qui refusent la paix, des vagabonds qui mendient pour manger, qui regardent d'un mauvais œil le riche passant content de lui.
Voilà la cité qu'on doit apercevoir.

Le ciel est rouge au couchant, et la rouille de ce firmament infernal se reflète sur le géants.

C'est une kermesse de sabbat, un carnaval malsain. Les Géants ne sont que nuances de sang et d'ombres qui s'étendent sous ce soleil couchant, qui paraît trop gros pour le spectateur. En fait le soleil écrase par sa présence, le spectateur a envie de se cacher sous son siège, il sue à grosses gouttes en sentant cette présence. Alors il pose son regard sur la cité, et se rend compte que l'ocre des géants ne vient pas que du soleil. Ce sont des clowneries, des parodies éventrées, rongées par la météo défavorable.

Paysage d'apocalypse.

Le verre est brisé, le béton éviscéré dégueule des barres de fer immondes et crochues. Dans les rues on imagine d'infâme lampadaires qui gardent la non-vie du lieu de leur œil depuis longtemps aveugle en étalant leur ombre décharnée sur les allées pleines de squelettes rongés et de mobilier laissé à l'abandon.

Au premier plan la plaine désertique, qu'un dieu a saupoudré de matériel rouillé, est un prélude aux dents acérées des tours parodiées qui défient le ciel de Pandemonium.
Le spectateur pleure devant le tableau.

Sur la scène une femme semble réfléchir. Ses haillons découvrent un sein qui bizarrement évoque plus la mort que la venue de la vie. Elle est pourtant jeune, si ce n'est sa chevelure de vieilles branches sales et noires. Un homme est là aussi, assis lui aussi sur une caisse. Un feu de brindilles les sépare. La lueur fait se mouvoir les ombres sur son corps de gueux.

Depuis tout ce temps, il n'a pas laissé tomber ses chaussures de cuir cirées.

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21 juillet 2009

Qu'avons nous fait ?

Je connais la forêt mieux qu'aucun homme, mes longues oreilles en témoignent, tout comme mon regard aiguisé. Acéré même, rares sont ceux qui peuvent se vanter de soutenir mes pupilles claires et froides. Mon enfance je l'ai passée parmi les miens au coeur de la forêt de Morgondë, une vivieux bois oublié des mondes modernes. Là aucun étranger ne venait, et le coup de hache à un arbres millénaire signifiait la peine de mort.
Nous sommes protecteurs de cette forêt, nés avec elle nous mourrons en son sein. Nous évoluons avec elle. Nous avons vu tant de forêts mourir ou perdre leur âme car les Elfes qui la protégeaient ont permis à un Humain de la traverser, à un Gnome d'y installer ses instruments de mesure !
Alors nous fîmes serment, leur vie n'était rien, et nos flèches aussi bien que nos lames ne pardonnaient pas.
Avec le temps nous arrivions à deviner derrière les troncs, au delà des entrelacs de branches. Les arbres faisaient tellement partie de notre environnement qu'ils sont presque devenus transparents pour notre esprit. L'ouïe et la vue sont devenus peu à peu un seul sens, et rien ne nous échappait, là ou un être normal ne savait ce qu'il se passait à quelques coudées de lui.
Nous sommes fiers, arrogants et nous avons raison de l'être.

Alors pourquoi tout est différent ?

Je suis partie avec deux amis voir nos proches de la forêt d'Holïndalah, nos forêts sont en quelque sorte soeurs : les légendes disent qu'elles n'étaient qu'une avant, il y a des millénaires, avant qu'un cataclysme ne les sépare en deux jumelles. C'est en quelque sorte un rite chez nous d'aller rencontrer nos frères, là-bas.

Le voyage s'est très bien passé, la région est crainte et personne n'ose venir nous déranger. Nous sommes donc arrivés dans les sous bois, mais là, personne pour nous accueillir. Comme nous aurions dû rebrousser chemin ! Mais nous ne connaissions que notre force, et rien en pouvait nous arrêter. Nous voulions comprendre pourquoi la forêt paraissait bien plus vieille que la notre, pourquoi nous ne voyons pas au delà des arbres, pourquoi nos frères avaient disparus.
Nous n'avons rien dit la nuit, seulement écouté la musique envoutante de la flûte de pan qui se faufilait sournoisement entre les énormes troncs et les branches torturées pour venir tourmenter nos délicates oreilles. Le lendemain nous avons repris notre voyage et nous sommes tombés sur une clairière. Enfin nous respirions, enfin nous voyons un peu plus loin, mais ce n'était guère réjouissant. Au contraire. En face de nous, un dolmen se dressait, implacable, presque effrayant bien qu'inerte. Peut-être était-ce cet étrange oiseau sombre et cornu, portant pour tout visage une sorte de masque affreusement dénué de toute expression, qui était perché sur les rocs qui donnait au sanctuaire quelque chose de vivant et de menaçant ? Je ne sais. Mais aucun Elfe ne dresse de pierres aux esprits, nous n'avons pas besoin d'eux, nous savons protéger la forêt seuls.
Alors que nous nous approchions prudemment, l'oiseau cessa de nous toiser du regard et s'envola sans un cris. Alors nous pûmes discerner les gravures des Celtes sur le roc.

Tout devint clair.

Ils étaient venus avec leurs esprits et les arbres les ont acceptés. Pourquoi abandonner les Elfes ? Que faisaient-ils ? Étaient ils mauvais gardiens ? Ne nettoyaient-ils pas le parterre de la forêt ? Ne prenaient-ils pas soins des jeunes pousses comme nous le faisons, ne coupaient-ils pas les branches des vieux arbres pour laisser de l'air aux jeunes ? Ne replantaient-ils pas les graines ?
Quoi qu'il en soit, sans les arbres avec eux, les Elfes sont tombés. Les Celtes ont dû repartir et laissé une Dryade jouer la nuit pour les arbres et les esprits.

Il était évident que nous n'étions pas les bienvenus.

Nous sommes partis en courant pour fuir cet enfer, et bizarrement c'est à ce moment que je me suis rendu compte de ce qui aurait dû me sauter aux yeux dès le début : les arbres semblaient vivre heureux malgré cet air étouffant, humide, jaunâtre. Dans notre course effrénée nous croisions de superbes ruisseaux désordonnés qui se faufilaient tant bien que mal parmi d'énormes racines crochues. Tout paraissait paisible le temps de traverser l'eau : dans la lumière dorée des insectes volaient, un oiseau perché sur un menhir nous regardait passer, puis tout disparaissait sous les larges arbres noirs et moussus.

Les arbres respiraient la vie et ne voulaient pas qu'on la leur vole, je ne les ai jamais sentis comme ça. J'ai soudainement compris les Humains que nous chassions, sur un terrain qu'ils ne connaissent pas, impuissants, sans comprendre leur tord. Sans comprendre le notre.

Nous avions les bras et le visage en sang, griffés par la haine qui nous étouffaient dans cet air trop lourd et humide pour nos poumons trop vite essoufflés. Je me rendis bien vite compte que mes deux amis avaient pris les armes, trop fatigués pour faire un pas de plus. Et dans le seul crissement de mes pas, sans cris, je sus bientôt que j'avais perdu deux amants. Soudain je découvris le faut pas, la racine vicieuse qui n'existe pas dans ma forêt et qui fauche le pied, broie le mollet.

Je suis étalée dans l'humus compact. J'ai compris trop tard.

Le temps est en suspend. Qu'attendent-ils ? Je me regarde : mes larmes coulent de mes yeux dont la froideur doit avoir disparue depuis la clairière et nettoient le sang et la terre le long de mes joues. Lentement, je les sens se glisser le long de ma gorge et chatouiller la naissance de mes seins. J'ai affreusement mal, mon arc est brisé dans mon dos et seul le bruit de la source à côté de moi m'apaise un temps.
Les arbres semblent me regarder comme on regarde un être pitoyable qui n'a plus d'avenir, mais ils restent éloignés du rocher sur lequel une de mes incisives est venue se briser. La douleur est infâme, cruelle mais supportable. Je veux trop voir ce qui va me tuer pour m'évanouir.

Cette forme qui se dessine en face de moi, se détache de la forêt...C'est une femme étrange, des racines partent de ses bras noueux, et ses yeux sont noirs, complètement noirs. Elle a de longs cheveux de feuilles qui coulent sur son corps et de gigantesques cornes très ramifiées, comme si elles avaient été volées à un cerf millénaire. Mais surtout, elle affiche cette expression neutre, cette maudite expression qui me regarde, sans haine ni compassion, sans rien de déchiffrable, sans bien ni mal.

Elle se dirige vers la source, recueille de l'eau dans ses mains d'écorce et bois. Elle vient vers moi, elle est belle à sa manière, sauvage.

Libre...

Elle appuie presque affectueusement sur mon front. Ma tête se penche en arrière, ma bouche s'ouvre, ensanglantée, je sens mon fluide vitale couler le long de ma joue, emporter mes larmes vers le tapis de feuilles mortes. Elle approche son visage et laisse couler de sa bouche l'eau clair. Je ne sais pas pourquoi, mais je bois. C'est bon, appaisant, je n'ai jamais fais attention au goût de l'eau. C'est idiot. Ma douleur s'en va, je ne sens plus ma dent, mon mollet va très bien, mais je n'ai pas envie de bouger pour vérifier qu'il n'est pas brisé, j'ai envie de me reposer.
Elle sort sa flûte de Pan, et joue. Divinement. Je ferme les yeux sur cette image,

et meurs en pleurant.

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29 juin 2009

L'orage

Le tonnerre gronde entre les rocs acérés, roule et se déroule de ravin en ravin, frôlant les arbres sombres et effrayant les troupeaux.

Là haut, au delà des pâturages.

Il y a un homme sur une cime. Bizarrement, il ne regarde pas le ciel de colère qui gonfle et s'abat, déferlante silencieuse, sur les sommets qui sont autant de récifs impuissant. Non il n'est pas inquiété par le grondement sourd qui ébranle les géants de pierre.

Il regarde en bas, nostalgique au fond d'une vallée invisible qu'une brume trop pudique cache, comme tout ce qui est en bas.
Il est là où tant rêvent d'être, à l'air libre, mais l'ascension des sommets dans la brume n'est réservé qu'à quelques fous, qui savent que là haut, les pierres glissent et la chute n'a pas de pitié, aucun pardon.
Alors, doucement, dans un lourd silence désacralisé par le tonnerre toujours plus menaçant et quelques cris d'animaux, il se retourne, et descend avec précaution, mais en homme qui connait son chemin. Il sait que le temps lui fait défaut, pourtant il ne peut s'empêcher de s'arrêter pour admirer les sommets plus élevés qui sont de plus en plus happés par les nuages d'anthracite qui s'abattent comme sur une proie.
Il ne peut s'empêcher d'écouter le roulement violent des milles tambours des cieux qui rebondit sur chaque paroi abrupte, s'amplifie, et s'éloigne dans la chaîne de montagnes.
Mais des taches sombres d'abord éparses, puis de plus en plus serrées apparaissent sur la roche grise, et bientôt ce sont des torrents d'eau que les nuages déversent, balayés par un vent implacable qui siffle de rage en se faufilant entre les cimes, effrontés sommets qui espèrent faire décélérer les sabres d'air glacé.

L'homme accuse la première rafale et s'assoit sur un rocher plat. Il sourit sous sa vieille capuche de cuir délavée : c'est pas la première fois qu'il se fait piéger, mais pourtant il ne peut s'empêcher d'être fasciné. Il sait que s'avancer serait se suicider, car les pierres sur lesquelles glisse l'eau n'offrent aucune résistance à ses semelles pourtant adaptées.
Mais son sourire s'évanouit bientôt, car l'eau s'infiltre à travers ses nombreuses couches de vêtements chauds qu'il a achetés à travers ses voyages.
Le tonnerre gronde de plus belle, les éclats de lumière se rapprochent, se répondent, dans un discours toujours plus saccadé.
La musique de la plus les accompagnent, comme des milliers de percussions jouées par des musiciens déments.

Devant lui, la tour de Babel de rocs et de sapins de devient que plus mystérieuse.
Elle ne montre pas son visage, et son corps est flouté par le pluie torrentielle.
L'imagination de l'homme s'envole, il voit des créatures d'effroi s'envoler de cavernes dissimulées.
Il imagine une peur sans nom cachée dans les nuages, il se dit que peut-être là haut, tout là haut il y a

le Soleil

qu'il n'a jamais vu.
Qu'il ne verra jamais, car en bas sont les Brumes éternelles qui recouvrent tout, cachent tout.
Il se dit qu'il aime sa vie de voyageur, de commerçant, que pendant des décennies il aura été utile et aura vu des merveilles.
Suscité l'admiration et la jalousie, eu la reconnaissance tout en gardant la simplicité de sa vie.

Il aime son monde, il voudrait faire partie de cette terrifiante montagne d'effroi qui, bien qu'immobile, lui impose le respect, la peur aussi.

Alors, lentement, il se lève. De se barbe coule l'eau qui s'infiltre dans sa poitrine gelée. Plié sous le vent il remonte, très lentement, prenant garde à ses pieds comme lors de sa première ascension. Par moments, une puissante rafale le fait bondir d'une mètre ou deux, mais il s'u attend, et ses mains gantées le sauvent. Puis c'est le sommet. Il est de nouveau debout, entre les Brumes d'en bas et les nuages infernaux d'en haut. Partout autour de lui, le feu céleste se déchaîne, ses oreilles bourdonnent à cause du grondement, du sifflement et des percussions.

Il est heureux.

Il regarde à nouveau la montagne, il aimerait en faire partie.
Il ferme les yeux, et doucement, comme il caresserait du bout du doigt les courbes d'une femme,
il pose son pied sur une pierre trop glissante...

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10 mai 2009

Ta vie est plus importante

L'inspiration

Que ne ferait pas le poète ignare
pour trouver un thème ringard
et réussir à vivre fièrement
en assurant à son interlocuteur :
"Je fais de la littérature, de l'Art moi,
la postérité s'en rappellera !"
Étranges mœurs parfois
que celles de cette profession.

Lever de rideau, une chambre à coucher.
Un amant à son aimée :

Où étiez-vous ma douce ?
J'étais absinthe, songe de ma joie.
Et qu'avez-vous bu mon cœur ?
Une rasade de paysages exotiques, sang de ma vie.
Repartirons-nous ma toute belle ?
Enivrez-moi d'amour, chéri,
offrez sans retenue
à une mère dépourvue
d'un regard lyrique trop ingénu,
un rodéo qui lui restituerait la vue

Onirique bien entendu.

Vains vas et viens
elle ne vit plus
aveugle
sans vie

Il l'abandonne alors, seul son lie de vingt
Mauvais bouts de trésors, médiocres écrits vains
Dévoilant de son corps, un bien ermite sein
Il s'en va et demain sera dans les potins :
"Décédée dans la nuit faute de poésie,
D'une faute de trop, d'un mauvais jeu de mots ?

Des vingt poèmes ratés ?
Ou de la chanson désespérée ?"

Rideau

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24 avril 2009

Ballade rêveuse

La douce brise sifflait
Ce soir de solstice
Quand je décidai de sortir
"de l'autre côté du miroir"
aurait susurré Lewis
histoire de voir si j'y étais

Pas bileux
il allait le bonhomme
lalalotant, se baladant,
blasphémant les borogoves
ondulants
oubliant le boulot...mais !

La Lune pourrait témoigner,
la cueillette de cette beauté de pétales
était mon plus grand mal !
Pourquoi diantre ce Troll jardinier
S'est élancé en hurlant au massacre
de ses sympathiques allées ?

Fils d'Elfe empaffé !
Foutriquet ! Jean foutre !
Défeurre le fer et défends-toi,
Soit vif et feinte, ou paye ton forfait
car je suis fauve et te grifferais,
vengeant mes fleurs que tu fânes !

Dame !
ma promenade tourne mal,
c'est le moment de m'en aller.
Sans cérémonie, mais avec mélancolie
je me dérobe, et me paume en chemin
pour me trouver en compagnie de mythiques marins.

Si j'avais crût Cassandre ou la Pythie droguée,
je n'aurais malgré tout pas rêvé que pareille odyssée
parviendrait ici pour rivaliser avec ma traversée de la Méditerranée !
Un mortel perdu par ici,
Par Arès, quelle curiosité !
Si tu désire t'en retourner, il faudra m'aider...

Quoi ?
Quel culot il a le grec,
mais ne discutera pas,
cahin-caha je dois quêter un cadeau
pour ce crétin de Télémaque
et qui plus est, le choix ne m'échoit.

Cha fait chouffrir !
Lâche ! Tu châties ma mâchoire quand je chomnole,
et tu m'attaches pour chiper le plus beau chèvrefeuille
de chette contrée !
Ch'était ma fierté !
Ma chère fleur, chois vengée par les Dieux courrouchés !

En toute diligence je donnais le cadeau dérobé
à Pénélope qui défaisait, le dé au doigt,
son dur labeur de tisserande.
Mais derechef elle devint penaude
et me dit à la dérobée,
en me grondant et en dévoilant ses dents :

C'est un vilain voyage que vous venez d'achever,
car vous avez vite fait de violer la vanité de notre province.
Mais mon vaurien de mari a été avisé,
car il était seul à éviter le jardin
et pour vengeance de votre vitupère
vous travaillerez avec Troll au verger pour les temps à venir.

Posté par Ditgnou à 22:44 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]